CERTES, Sonia Rykiel ne veut plus voir son nom associé à son canard vibrant et le porno chic n'est plus de mise chez Dior. Il n'empêche : le sexuel, s'il a quitté l'univers du luxe, envahit notre sphère quotidienne et la Saint-Valentin de ce jour devient, pour les marchands du temple, l'occasion en or d'écouler les sex toys. Ces jouets conçus pour éveiller l'Eros qui est en nous pullulent.
De la littérature sérieuse « Orgasmes, mode d'emploi » parue chez
Jouvence, aux préservatifs ludiques personnalisables de french-card.com, Ã
chacun son accessoire. « Ça n'a rien de neuf, dans la préhistoire, la Chine
ancienne, chez les Romains ou les Grecs, on utilisait déjà ces objets, ils
étaient en or, en ivoire. Aujourd'hui, tout le monde y vient », explique Gérard
Leleu, sexologue, l'un des animateurs du festival Tendresse de la
Saint-Valentin, qui se tiendra le 8 mars en Bretagne. Exit l'image des femmes
solos qui achetaient les premiers godemichés design signés Yoba, lors des
soirées Tupperware. Désormais, chacun s'achète son toy sans complexe, même ceux
qui sont en couple. « Quand l'homme part en voyage ou qu'il ne satisfait pas sa
compagne, le recours à ces instruments est légitime, poursuit le spécialiste.
Pour érotiser le vagin, c'est excellent, seules trois femmes sur dix obtiennent
un orgasme vaginal, car cette zone n'a pas été érotisée. C'est aussi recommandé
pour s'opposer à l'usure de la vie à deux. Tous les jeux qui participent à la
sensualité sont les bienvenus. Plus il y a de jouets, moins il y a d'érosion du
désir. A l'homme de ne pas voir le vibro comme un rival mais un partenaire,
qu'il participe au jeu. »
D'après Opinion Way, 69 % des Français
estiment que les conditions de vie actuelles ne favorisent pas la durée de vie Ã
deux. Les relations amoureuses s'effilochent aussi parce qu'on manque de temps
pour se parler et que les moments passés ensemble sont rares. Une bonne raison
de céder à la tentation : les sex toys sont livrables presque sur-le-champ.














