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mercredi, février 13 2008

Fleurs suisses, c'est loin d'être rose

A la veille de la Saint-Valentin, le marché de la fleur coupée est en ébullition et la concurrence est féroce. Exemple à Yvorne.

«Quand mon père s'est installé à Yvorne en 1975, 1665 tonnes de fleurs étrangères entraient en Suisse contre 2000 tonnes de fleurs indigènes. Aujourd'hui, la production suisse n'a pas vraiment bougé, mais 8000 tonnes qui sont importées chaque année.»

En disant cela, Jean-Marc Crousaz semble avoir tout dit. La faute aux prix bien moindres du Kenya, d'Amérique du Sud, ou même de Chine. «Les grandes surfaces principalement Coop et Migros absorbent 75% du marché suisse en quantités. Et sur cette masse, 5% seulement est produite en Suisse», précise le représentant de la troisième génération de Crousaz Fleurs, l'une des principales entreprises de fleurs coupées de Suisse.

De quoi mettre à mal bien des sociétés du secteur ces dernières années. Encore au nombre de 73 en 2000, leur nombre est tombé à 53 en 2006. «Nous ne sommes qu'une dizaine en Suisse romande. Et il est devenu trop cher de créer une nouvelle entreprise compte tenu des investissements sur les infrastructures ou de la forte hausse des prix de l'énergie (n.d.l.r., dont la majeure partie sert à chauffer les serres en hiver).»

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Star de la Saint-Valentin, la rose rouge fait le désespoir des fleuristes

Star de la Saint-Valentin, la rose rouge fait le désespoir des fleuristes
Elle fait le bonheur des amoureux, mais pas celui des fleuristes. La rose rouge va à nouveau se vendre par millions demain sur la planète entière. La demande explose, l'offre stagne, le marché est très tendu et les vendeurs y laissent une bonne partie de leur marge au passage.

Elle est symbole d'amour torride. Et ces jours, elle est la favorite des mâles sans imagination. La rose rouge cartonnera de nouveau demain à l'occasion de la Saint-Valentin. Cette fleur est en effet le best-seller incontesté de la fête des amoureux.

Au grand bonheur des fleuristes? Sûrement pas! «On devrait les boycotter ces roses rouges! Elles sont tellement chères. C'est de la folie», tonne Georgette Wasser, de chez Florès à La Chaux-de-Fonds. «Le gros problème, c'est qu'il n'y en a pas assez. La Saint-Valentin a lieu en même temps partout dans le monde. Et certains marchés qui se sont ouverts, comme la Russie et la Chine, sont très friands de ces roses», explique Marianne Martin, présidente de l'Association romande des fleuristes.

Si la demande explose, pourquoi ne pas étendre l'offre? Parce que les lieux de culture industrielle ne sont pas extensibles. Les pays producteurs sont avant tout la Hollande, l'Equateur et la Colombie. Viennent ensuite le Maroc, le Kenya (les récents troubles politiques n'ont semble-t-il guère eu d'effets sur la production), la France et l'Italie. Et aussi la Suisse.

Tous ces producteurs font face à la difficulté fondamentale de mettre suffisamment de roses sur le marché au moment unique et précis du 14 février. Impossible, même si la science a sélectionné des variétés qui peuvent rester fraîches parfois encore plusieurs semaines après la coupe.

Forte demande, offre qui plafonne, la pénurie menace et les prix grimpent. Certaines roses sont achetées aux grossistes 4 francs pièce par les vendeurs de fleurs, plus du double qu'en temps normal. Résultat, les fleuristes ne peuvent répercuter la hausse qu'en partie, réduisant leur propre marge à peau de chagrin. «Parfois, on prend même le risque d'y laisser la marge pour contenter notre clientèle d'habitués. Pour gagner quelque chose à la Saint-Valentin, il faut absolument réussir à commander l'exacte quantité de roses qu'on pourra vendre», indique Pedro Boldt, fleuriste au Landeron.

L'effet visible de l'escalade des prix, c'est que les mâles acheteurs ont depuis quelques années restreint la taille des bouquets de roses qu'ils offrent. Georgette Wasser s'en désole. «C'est fini les gros bouquets. Vu le prix, les gens achètent une ou trois roses. C'est tout». Et la tendance n'est pas prête de s'inverser. «Ça augmente de plus en plus et ce n'est pas fini. Il faudrait que les mentalités changent. Que les hommes choisissent d'autres fleurs pour exprimer leur amour», estime Marianne Martin.

Dès demain soir, les fleuristes vont se dépêcher d'oublier cette Saint-Valentin pour attendre la Fête des mères, bien plus intéressante pour eux. Car en mai, aux mamans, on offre des fleurs plus variées, de saison et produites localement. Ce qui promettra cette fois-ci aux fleuristes des marges intéressantes. /PDL