Parmi les mets réputés propices aux joutes amoureuses, qui
connurent surtout au XVIIIe siècle une grande vogue, le chocolat figure en bonne
place. Il est de tradition de tenir divers mets pour excitants : gibier, ris de
veau, moelle, cervelles, huîtres, homard, écrevisses, caviar, truffes et épices
chaudes (cannelle, poivre, piment, muscade, gingembre, clou de girofle), sans
oublier l'ambre et le musc, aujourd'hui disparus de la table.
Il s'agit
pour la plupart de mets de luxe que l'on prend plaisir à déguster en galante
compagnie, plutôt que possédant des vertus secrètes. Néanmoins, la légende sur
les vertus aphrodisiaques du chocolat, voyagea bien dans
l'histoire.
Dès la période aztèque, le cacao a la
réputation d’être un excitant sexuel. Il faut dire que la
boisson préparée était très épicée avec du piment, du poivre, des clous de
girofle.
On raconte au XVIIe siècle que les indigènes indiens
s'enduisent les zones érogènes d'une bouillie de cacao pour que leurs
baisers soient encore plus doux.
En 1624, un théologien fait
paraître un écrit condamnant la consommation du chocolat dans
les couvents, ce breuvage échauffant les esprits et les
passions.
Offrir du Chocolat:
La grande période des courtisanes,
du XVIIème au XVIIIème siècle, est propice à une forte consommation de chocolat.
Dans son Traité des aliments en 1702, Louis Lemery précise au sujet du chocolat
: "Ses propriétés stimulantes sont propres à exciter les ardeurs de
Vénus."
Madame du Barry ne manquait pas, dit-on,
de servir une bonne tasse de chocolat mousseux à ses amants.
Des gravures du XVIIe siècle ou estampes allemandes du XVIIIe, montrent
souvent des scènes où on peut voir des couples dégustant du chocolat
chaud.
Les dames de Marseille se souvinrent longtemps du bal
sulfureux qu'organisa le marquis de Sade, qui eu la brillante
idée de distribuer à foison des pastilles de chocolat fourrées à la
cantharidine, un puissant alcaloïde congestionnant.
Madame de Pompadour, si on en croit les écrits de Mme
de Hausset absorbait régulièrement des décilitres de chocolat ambré pour
s'échauffer le sang, d'autant que Louis XV lui reprochait régulièrement
d'être "froide".
Aujourd'hui le terme d'aphrodisiaque n'est plus de
mise, on parle plus volontiers, d'aliment tonique, de plaisir,
de douceur, de volupté.. qui sont également
des qualificatifs propres à l'amour.... .Alors le chocolat, complice de
l'amour ? certainement...










