Fair la cour comme autrefois
Par Super offre de crédit euros rachat finance le dimanche, mars 9 2008, 02:11 - Amour
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La Saint-Valentin est une occasion, par billets doux, fleurs, cartes postales ou menus présents, de déclarer son amour à l’élu(e) de son cœur !
Cette fête des amoureux n’existe que depuis une quarantaine d’années mais il y avait autrefois quantité d’autres façons d’exprimer la même idée…
Le rite des mais
Dans de nombreuses régions, ce n’était pas le 14 février mais le 1er mai qui était l’occasion pour les jeunes gens de déclarer leurs préférences. Les garçons plantaient cette nuit-là des mais, c’est-à -dire des branches, des fleurs ou de jeunes arbres fraîchement coupés devant la porte ou sur le toit des jeunes filles à marier.
Chaque feuillage avait un sens : en Champagne, le charme était louangeur, le boulin (bouleau) ou sapin (qui riment avec putain) beaucoup moins. En Bresse, où la tradition s’est maintenue jusqu’en 1914, on préférait accrocher des fleurs : les bleuets et les millefeuilles signifiaient l’amour, le gui du respect, le chèvrefeuille stigmatisait la fille volage et la luzerne la fille bête à manger du foin !
Si le message était tendre, le garçon dressait parfois un chemin de feuilles de la maison de sa belle à la sienne : une façon de déclarer son amour sans le dire. Dans le Berry enfin, on ajoutait aux branches des dentelles, des rubans et des bonbons pour l’aimée.
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| Les petits cadeaux |
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On le sait : les petits cadeaux entretiennent l’amitié,
voire plus… De tout temps, offrir un présent à une jeune fille revenait à lui
faire la cour. Epingles ornées de perles, châles, rubans, mouchoirs… étaient
de grands classiques. En Alsace, on achetait pendant les foires des cœurs en
pain d’épices (à grignoter ensemble ou à conserver) ou bien on faisait peindre
un petit tableau représentant un "bouquet d’amour" qui serait plus tard accroché
bien en vue si tout cela aboutissait à un mariage. En Auvergne, on offrait à sa
belle des sabots ferrés avec des pièces de monnaie (deux francs ou deux sous
selon sa fortune). |
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Dans la Loire, les garçons, qui avaient toujours dans leurs
poches du sucre (une denrée bien rare autrefois), l’offraient à l’aimée pour
s’attirer ses bonnes grâces. En Ille-et-Vilaine, offrir une pomme dont on venait
de croquer une bouchée équivalait à une
déclaration.
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Les petits gestes |
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Dans la rue, quelques petits signes permettaient à chacun de
témoigner de son amour ou de l’indiquer aux autres. En Auvergne par exemple, les
amoureux se tenaient par le petit doigt dans la rue. En Corse, le jeune homme
jetait sur la robe de la jeune fille des fruits de bardane (petites boules
piquantes qui s’accrochent au tissu) ; s’ils étaient aussitôt arrachés, le
malheureux n’avait aucune chance ; si en revanche la belle les gardait un peu
sur elle, l’espoir était permis. En Normandie, il était conseillé de porter le
panier de la jeune fille lorsqu’elle revenait du marché : c’était perçu comme un
geste tendre. |
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Enfin, en Franche-Comté, pour déclarer sa flamme, l’amoureux
devait venir accompagné d’un violoniste jouer une aubade devant la maison de la
jeune fille.
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Les petits mots |
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Enfin, chaque région avait autrefois une expression locale
pour traduire l’idée de fréquentation régulière. Pour indiquer qu’un garçon voit
régulièrement une jeune fille et est admis comme son prétendant, on disait ainsi
: — qu’il "va avec" ou "s’est mis en promesse avec" (en Artois) — qu’il
est son "inclineux" ou qu’il "va en blonde" (dans le Berry) — qu’il "court"
(en Bresse) — qu’il "blonde", qu’il "flogne" ou qu’il "commence" (en
Champagne) |
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— qu’il "blonde" ou qu’il "courate" (en Franche-Comté) — qu’il
"fait l’amour" ou qu’il "fait de la cendre" (en Gascogne) — qu’il "est son
bon ami" ou qu’il "parle aveuc" (en Picardie) — qu’il "cause avec" (à La
Réunion) — qu’il la "hante" ou qu’il est son "bonemi" (en Normandie)… A
vous maintenant d’exprimer la même idée avec les mots d’aujourd’hui !
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Texte
: Marie-Odile Mergnac | |