Au Koweït voisin, les islamistes ont haussé le ton cette année.

Le doyen de la faculté de la charia à l'Université du Koweït, Mohammad Al-Tabtabai, a émis une fatwa stipulant que la fête était interdite par l'islam et deux députés islamistes ont exigé que le gouvernement interdise toute célébration.

Mais les supermarchés et les fleuristes regorgent de produits liés à la Saint-Valentin, alors que les hôtels offrent dîner et nuit d'hôtel à tarif réduit pour les couples.

«Je ne comprends pas pourquoi les islamistes veulent interdire les célébrations de la Saint-Valentin. Je ne pense pas que cela viole les principes islamiques», confie à l'AFP Mahmoud Ahmad, un fonctionnaire koweïtien, en achetant un cadeau pour sa femme.

À Bahreïn, les protestations des islamistes semblent avoir été noyées par la popularité de la fête.

«L'an dernier, nous avions importé 20 000 roses pour la Saint-Valentin. Cette année, nous sommes passés à 25 000» pour répondre à la demande, déclare Varghese Modiyil, un fleuriste de Manama.

Les magasins de cadeaux et les bijouteries étaient également décorés de rouge au Qatar, bien que certains Qataris aient des réserves.

Dans une lettre au quotidien Al-Raya, un lecteur mécontent a ainsi déploré que les propriétaires de ces magasins «méprisent nos valeurs et violent notre religion» en exposant des objets liés à la saint-Valentin.

Même à Dubaï, la ville de loin la plus tolérante et la plus occidentalisée de la région, où les centres commerciaux tentent les amoureux avec de la lingerie rouge, des bijoux en forme de coeur ou encore de simples ours en peluche, certains autochtones ne sont pas enthousiastes.

«Nous sommes un pays musulman (...) C'est trop», commente Oum Fahd, une mère de famille de 31 ans.