La Saint-Valentin gagne du terrain dans les pays du Golfe
Par Super offre de crédit euros rachat finance le jeudi, février 14 2008, 02:51 - Actualité - Lien permanent
La Saint-Valentin gagne du terrain dans les pays du Golfe
Comme chaque année à la même époque, la police religieuse saoudienne essaie d'empêcher la célébration jeudi de la Saint-Valentin, jugée contraire à l'islam, mais la fête des amoureux est de plus en plus populaire dans les autres monarchies arabes du Golfe.
«Nous ne vendons plus de roses depuis une semaine et nous n'en
vendrons pas jusqu'à ce que la Saint-Valentin soit passée», affirme Alan, un
employé philippin d'un fleuriste de Riyad.
Il explique qu'un «Moutawa»
(surnom donné aux membres de la très redoutée police religieuse) est venu la
semaine dernière dans le magasin pour ordonner aux employés de ne plus exposer
de roses rouges jusqu'au 14 février inclus.
Un vendeur dans un magasin de
cadeaux de la capitale saoudienne précise que cette police lui a ordonné de
retirer des rayons tout objet de couleur rouge.
«Nous avons même retiré
les emballages rouges pour ne pas risquer une sanction, qui pourrait aller
jusqu'à la fermeture du magasin et l'arrestation du personnel», ajoute Mohammad
Hassanein al-Hawari.
La police religieuse, dont le nom officiel est la
«Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», ne se
contente pas d'inspecter les magasins, elle envoie aussi des hommes se faisant
passer pour des clients afin de s'assurer que ses instructions sont respectées,
explique-t-il à l'AFP.
Un «Moutawa» qui a seulement donné son prénom,
Abderrahman, ne cachait pas sa satisfaction devant l'absence d'objet pouvant
évoquer la Saint-Valentin dans les magasins de la rue du Prince Sultan, dans le
quartier huppé d'Olaya.
«L'Occident exporte ses habitudes et fêtes
contraires à la charia (loi islamique) et veut que nous l'imitions. Nous voulons
être certains que la charia est appliquée. Nous punissons tous ceux qui la
violent ou sont complices d'une violation», dit-il.
L'Arabie saoudite,
qui applique une version ultra-rigoriste de l'islam, considère la Saint-Valentin
comme une «fête chrétienne païenne», en vertu d'une fatwa (décret religieux)
édictée il y a sept ans par son grand mufti, cheikh Abdelaziz
Al-Cheikh.
Au Koweït voisin, les islamistes ont haussé le ton cette
année.
Le doyen de la faculté de la charia à l'Université du Koweït,
Mohammad Al-Tabtabai, a émis une fatwa stipulant que la fête était interdite par
l'islam et deux députés islamistes ont exigé que le gouvernement interdise toute
célébration.
Mais les supermarchés et les fleuristes regorgent de
produits liés à la Saint-Valentin, alors que les hôtels offrent dîner et nuit
d'hôtel à tarif réduit pour les couples.
«Je ne comprends pas pourquoi
les islamistes veulent interdire les célébrations de la Saint-Valentin. Je ne
pense pas que cela viole les principes islamiques», confie à l'AFP Mahmoud
Ahmad, un fonctionnaire koweïtien, en achetant un cadeau pour sa femme.
À
Bahreïn, les protestations des islamistes semblent avoir été noyées par la
popularité de la fête.
«L'an dernier, nous avions importé 20 000 roses
pour la Saint-Valentin. Cette année, nous sommes passés à 25 000» pour répondre
à la demande, déclare Varghese Modiyil, un fleuriste de Manama.
Les
magasins de cadeaux et les bijouteries étaient également décorés de rouge au
Qatar, bien que certains Qataris aient des réserves.
Dans une lettre au
quotidien Al-Raya, un lecteur mécontent a ainsi déploré que les propriétaires de
ces magasins «méprisent nos valeurs et violent notre religion» en exposant des
objets liés à la saint-Valentin.
Même à Dubaï, la ville de loin la plus
tolérante et la plus occidentalisée de la région, où les centres commerciaux
tentent les amoureux avec de la lingerie rouge, des bijoux en forme de coeur ou
encore de simples ours en peluche, certains autochtones ne sont pas
enthousiastes.
«Nous sommes un pays musulman (...) C'est trop», commente
Oum Fahd, une mère de famille de 31 ans.










